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 Étudier les mammifères marins méditerranéens

Présent depuis plus de 20 ans en Méditerranée, le WWF mène chaque année des expéditions scientifiques en mer afin d’en apprendre davantage sur les grands cétacés, leurs comportements et les nombreuses menaces qui planent sur eux.

Plus grande mer semi-fermée au monde, la Méditerranée abrite une biodiversité marine unique au monde et fait, par conséquent, partie des principaux hotspots du globe en la matière. Bien qu’elle ne représente que 0,8% de la surface des océans, 18% de la faune marine mondiale peuplent ses eaux et 28% des espèces répertoriées y sont endémiques.

Une concentration unique de cétacés

La mer Méditerranée présente une concentration unique de grands cétacés : on en recense 18 espèces, notamment présentes dans le sanctuaire Pelagos créé en 1999 par la France, l’Italie et la principauté de Monaco. Ainsi, il n’est pas rare d’y croiser rorquals communs, deuxième plus grand animal sur notre planète classé « En danger » en Méditerranée par l’UICN, globicéphales et autres cachalots qui y trouvent un espace privilégié pour se nourrir et se reproduire.

Néanmoins, les eaux méditerranéennes peuvent se révéler hostiles à l’égard de ces mammifères marins. En effet, la Méditerranée regorge de menaces qui peuvent fragiliser les effectifs déjà précaires de ces espèces.

Les cétacés sont les seuls mammifères à sang chaud vivant exclusivement en mer.

Globicéphale noir (Globicephala melas) en mer Méditerranée
Cœur de baleine

En 2025, le WWF France et le CNRS ont réalisé une première mondiale en enregistrant le tout premier électrocardiogramme d'un rorqual commun en liberté. Cette avancée permet de mieux comprendre la réaction des baleines face aux navires et d'améliorer leur protection.

En savoir plus

Sanctuaire Pelagos

Le sanctuaire Pelagos ne couvre que la Méditerranée nord-occidentale, mais il s'étend sur près de 87 500 km² entre la France, Monaco et l'Italie. C'est la première aire marine transfrontalière au monde dédiée à la protection des mammifères marins.

19 200 rencontres

Depuis 2006, les expéditions Cap Cétacés ont permis d'observer plus de 19 200 cétacés, de réaliser 638 biopsies et d'identifier génétiquement près de 500 rorquals communs. Cette base de données est aujourd'hui l'une des plus complètes de Méditerranée.

Autoroute maritime

La Méditerranée concentre près de 30 % du trafic maritime mondial. Dans le sanctuaire Pelagos, les navires parcourent chaque année plus de 18,5 millions de kilomètres, ce qui fait des collisions l'une des principales causes de mortalité des grands cétacés.

Contamination plastique

Les analyses menées par le WWF France ont montré que tous les rorquals, cachalots et globicéphales étudiés dans le sanctuaire Pelagos étaient contaminés par des phtalates, des substances chimiques issues notamment des plastiques du quotidien.

Des pressions multiples sur les cétacés

En Méditerranée, les cétacés sont particulièrement menacés. Trois facteurs de risque principaux existent dans la région.

  1. Les mammifères marins méditerranéens évoluent au milieu d’un trafic maritime à la fois intense et très dense. Chaque année, dans le sanctuaire Pelagos où est concentrée une grande partie des cétacés, les navires parcourent plus de 18,5 millions de kilomètres, l’équivalent de 450 fois le tour de la Terre. Par conséquent, le risque de collisions y est très important. Plusieurs dizaines d’individus seraient tués à la suite de ces rencontres malheureuses chaque année.
  2. La pollution des eaux, importante en Méditerranée, représente un réel danger pour les grands cétacés. En effet, nos industries se sont souvent montrées peu regardantes vis-à-vis de la biosphère. Des contaminants nocifs se sont dès lors répandus dans nos cours d’eau et déversés dans les mers avant de finir ingérés par les cétacés. Résultat : ces derniers voient leur système immunitaire et leur fertilité se dégrader.
  3. Nos eaux sont de plus en plus souillées par les plastiques en tous genres. Les cétacés les ingèrent et s’y emmêlent. Les composants chimiques de ces plastiques, dont certains sont des reprotoxiques ou des perturbateurs endocriniens, dégradent fortement leur santé.

Les programmes scientifiques menés par le WWF ont donc pour ambition d’étudier les comportements des cétacés face à ses menaces et de limiter ces dernières.

Un trafic très dense

30%

30% du trafic maritime mondial s’effectue en Méditerranée.

IMMERSION 360° - Épisode 3 : à la rencontre du rorqual

Dans ce troisième épisode, embarquez à nos côtés pour la Méditerranée. Là-bas, dans le Sanctuaire Pelagos, approchez-vous au plus près de la deuxième plus grande baleine au monde.

Le projet

Les missions Cap Cétacés

Présent depuis plus de 20 ans en Méditerranée, le WWF mène, dans le cadre du projet Cap Cétacés, de nombreuses études sur les cétacés qui la peuplent et notamment en pleine mer, dans le sanctuaire Pelagos, afin de les protéger plus efficacement.

Au cours de ces missions, nos équipes réalisent plusieurs opérations. Nous prenons un maximum de clichés (des photos-identification basées sur des marques permanentes et la forme des ailerons ou de la caudale) des espèces observées afin de les référencer et de pouvoir les identifier dans le futur. Nous collectons également des biopsies de peau et de gras pour en connaître davantage sur eux. Ces biopsies sont réalisées grâce à des arbalètes dont les flèches sont équipées sont équipées d’un petit emporte pièce et de flotteurs afin de récupérer les éléments à analyser. Les prélèvements de peau servent à la détermination du sexe et aux analyses génétiques tandis que ceux de gras nous donnent des indications quant à leur niveau de contamination et à leurs hormones. Ces prélèvements se sont révélés particulièrement précieux.

Une des plus grosses bases de données sur les cétacés en Méditerranée

19200

Sur la période 2006-2019, 19 200 cétacés ont été observés lors des missions Cap Cétacés dont 1 208 rorquals communs. 638 biopsies ont été collectées et analysées. 488 rorquals communs ont été génétiquement identifiés et nous en avons 639 dans notre catalogue de photos-identification.

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Résultats

Des résultats alarmants

Depuis le début de notre mobilisation en Méditerranée, nous avons mené des dizaines d’expéditions scientifiques. Leurs résultats ont amélioré les connaissances sur les impacts des activités humaines sur ces populations qui constituent une richesse inestimable de notre patrimoine naturel.

Des centaines de biopsies ont été réalisées. Les plus récentes, datant de 2019 et réalisées sur un échantillon de 240 cétacés, montrent que le rorqual commun, le cachalot et le globicéphale noir sont contaminés par les phtalates, qui sont des composés chimiques notamment présents dans les matières plastiques de bon nombre de produits et d’objets de notre quotidien. Les phtalates ont des impacts négatifs en particulier sur la fertilité et le développement du fœtus et sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Plus inquiétant, le DEHP, un des plus toxiques, présente une concentration moyenne en DEHP de 580µg/kg chez le rorqual commun. En comparaison, on considère qu’une source alimentaire a une concentration élevée lorsque la quantité de phtalates passant du plastique dans l’aliment est supérieure ou égale à 300 µg/kg.

Le globicéphale noir ou globicéphale commun (Globicephala melas), également appelé dauphin pilote, est une espèce de cétacés de la famille des delphinidés.

Près de 269 000 tonnes de déchets plastiques formés de plus de 5 000 milliards de particules flottent sur les océans. L’étude pilote du WWF confirme une nouvelle fois l’intensité de cette pollution en Méditerranée, là où la densité de micro-plastiques est parmi les plus élevées au monde et touche l’ensemble des espèces, jusqu’aux cétacés du grand large.

Isabelle Autissier
URL de Vidéo distante
Résumé du projet
  • Objectifs

    Étudier les populations de cétacés, améliorer les connaissances scientifiques, mesurer les impacts des activités humaines (collisions, pollution, plastiques) et renforcer les mesures de protection.

  • Localisation

    Méditerranée nord-occidentale, principalement dans le sanctuaire Pelagos (France, Monaco, Italie).

  • Espèces concernées

    Rorqual commun, cachalot, globicéphale noir et plus largement les grands cétacés de Méditerranée.

  • Le rôle du WWF

    Le WWF France organise des expéditions scientifiques annuelles, réalise le suivi des cétacés (photo-identification, biopsies, analyses génétiques et sanitaires), produit des données scientifiques et porte des actions de plaidoyer pour réduire les menaces qui pèsent sur ces espèces.

  • Principaux partenaires

    Le programme est mené avec de nombreux partenaires scientifiques, notamment le CNRS pour les travaux de recherche, ainsi que des institutions et gestionnaires impliqués dans la protection du sanctuaire Pelagos.

Effet panda

Épisode #3 : Les innovations au service de la protection des océans

Dans l'épisode Les innovations au service de la protection des océans, du podcast l'Effet Panda, nos experts vous emmènent au cœur des océans à la découverte des cétacés et des projets que le WWF mène pour les protéger.

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